Responsabilité médicale en Tunisie :  cadre juridique et démarches en cas de faute

Maître Hajer Jmal, avocate à Tunis spécialisée en responsabilité médicale et droit de la santé

Le paysage juridique de la santé en Tunisie a connu une mutation profonde avec la promulgation de la loi n° 2024-32 du 11 juin 2024, relative aux droits des patients et à la responsabilité médicale. Ce texte vient combler un vide législatif historique en unifiant des règles autrefois éparpillées entre le Code des Obligations et des Contrats (COC) et la jurisprudence administrative.

Un Cadre Juridique Dual : Secteur Public vs Secteur Privé

En droit tunisien, la nature de l’établissement détermine la juridiction compétente, une distinction que tout justiciable doit saisir : 

  1. Le Régime de la Faute Prouvée (Secteur Privé) : Dans les cliniques et cabinets libéraux, la responsabilité est de nature contractuelle. Le patient doit établir la preuve d’un manquement aux données acquises de la science médicale (la « Lex Artis »). 
  2. La Responsabilité Administrative (Secteur Public) : Pour les structures étatiques, c’est la faute de service qui est invoquée devant le Tribunal Administratif. La loi de 2024 précise désormais les conditions d’indemnisation pour les dommages résultant d’activités de santé publique. 

Les Innovations Majeures de la Loi n° 2024-32

L’expertise juridique actuelle repose sur la maîtrise des nouveaux mécanismes introduits par le législateur : 

Le Renforcement de l’Obligation d’Information

Le consentement éclairé n’est plus une simple formalité déontologique, mais une condition de validité de l’acte médical. Le défaut d’information sur les risques (même exceptionnels) constitue désormais un chef de préjudice autonome, ouvrant droit à réparation en cas de réalisation du risque, conformément à l’article 10 de la nouvelle loi. 

L’Institution des Commissions de Conciliation

C’est l’une des grandes avancées : la création de commissions régionales chargées d’examiner les demandes d’indemnisation à l’amiable. Cette procédure vise à désengorger les tribunaux tout en garantissant aux victimes une réparation plus rapide, souvent financée par les fonds de garantie ou les assurances obligatoires des praticiens. 

La Protection des Professionnels de Santé

La loi introduit un équilibre en interdisant, sous certaines conditions, la détention préventive des professionnels de santé pour des faits qualifiés d’erreurs médicales non intentionnelles, sauf en cas de faute pénale caractérisée ou de fuite. 

La Stratégie de Preuve : Le Dossier et l’Expertise 

En tant qu’expert, je rappelle que la preuve est le nerf de la guerre judiciaire : 

  • L’Accès Direct au Dossier Médical : En vertu des nouvelles dispositions, tout patient (ou ses héritiers) a le droit d’obtenir une copie intégrale de son dossier sous 15 jours. Ce document est le support premier de l’analyse juridique. 
  • L’Expertise Médicale Judiciaire : Nous sollicitons systématiquement la désignation d’un collège d’experts inscrits près la Cour d’Appel. Mon rôle est de soumettre des notes de synthèse et des questions critiques aux experts pour s’assurer qu’aucun aspect du préjudice (esthétique, d’agrément, ou perte de chance) ne soit occulté. 

 Le Cas Spécifique de la Chirurgie Esthétique

La jurisprudence tunisienne est constante : si le médecin n’est pas tenu à une obligation de résultat absolu, son obligation de conseil et de sécurité est renforcée en matière esthétique. La loi de 2024 impose une vigilance accrue sur la traçabilité des dispositifs médicaux (implants, produits de comblement), facilitant ainsi le recours en cas de produit défectueux.  

Pourquoi l’assistance d’un avocat est-elle capitale ? 

Le droit de la responsabilité médicale est devenu une spécialité technique où le droit croise la science. Le cabinet de Maître Hajer Jmal intervient pour : 

  • Qualifier la faute : Distinguer l’aléa thérapeutique (non indemnisable sauf exception) de la faute médicale. 
  • Évaluer le préjudice : Utiliser les barèmes d’incapacité pour maximiser les dommages-intérêts. 
  • Négocier avec les assureurs : Assurer que les offres d’indemnisation amiable ne soient pas dérisoires face au préjudice réel. 

"La loi de 2024 n'est pas seulement une protection pour les médecins, c'est une charte de dignité pour les patients tunisiens et étrangers."

Vous avez été victime d’un accident médical ? 

Ne subissez pas seul les conséquences d’une négligence. Une analyse juridique précoce est la clé de la réussite de votre dossier. 

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